Sans voyageur



moitié de moi passe dans la rue

tête vide jambes sans but

s’étonne de passer dans cette rue sans visage

s’étonne un peu mais ne se soucie de rien


moitié de moi regarde passer ce corps au pas désincarné

compte les visages de la rue

aucun ne se retourne il n’y a rien à voir

et le flot continu des moteurs ne changera jamais de ton


tout ce qui passe est transparent

rien de ce qui passe n’existe

l’imperturbable train de nuit glisse comme une lame

toutes les places sont libres


soleil reflet contre-lumière

j’emmène mes deux ombres à la croisée des temps

à chacune sa destinée

demain nous nous ferons la guerre



2017

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⬅️ 1. Le jour d’après

➡️ 3. Un retour injustifié

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